Rio Sucuri

Notre site suivant est le fleuve Anaconda, le Rio Sucuri. D’après Marcello, l’Anaconda est un paradis botanique sous l’eau. Nous atteignons vite notre destination d’aujourd’hui, à seulement une demi-heure de route de Bonito.
Nous sommes accueillis par des cris perçants d’aras hyacinthe : sur un palmier, quatre de ces perroquets fantastiques se disputent le meilleur endroit pour se nourrir.

Après une brève marche à pied à travers la jungle, nous tombons sur une source cristalline du Rio Sucuri.

Normalement, personne ne peut y plonger, mais une fois de plus, Marcello a obtenu une autorisation spéciale. L’eau y a seulement une profondeur entre 40 et 70 cm. Avec des mouvements de nage minimes, nous nous laissons emporter à travers la source. A perte de vue, un nombre époustouflant de plantes les plus variées, dans des formes et couleurs vraiment magnifiques. Certaines scènes semblent plantées et aménagées par l’homme, alors que tout est naturel!

Nous sommes très impressionnés par les pâturages compacts d’Hydrocotyle leucocephala et Hydrocotyle verticillata. Quelques mètres plus loin, se trouvent de vastes groupes du myriophylle brésilien Myriophyllum aquaticum. Dans l’aquarium, cette plante est uniquement verte, alors qu’en milieu naturel, elle prend une coloration brun-rouge resplendissante à cause de l’ensoleillement intense. Nous constatons une autre coloration incroyable dans le cas d’Helanthium bolivianum. Derrière ce nom encore relativement inconnu se cache l’Echinodorus bolivianus, une plante très prisée. Les Echinodorus macrophyllus, avec ses grandes feuilles arrondies, forment un joli contraste avec d’autres plantes fines et subtiles. En quelques rares endroits, nous découvrons Bacopa australis. Cette plante à tige possède des folioles arrondies et forme un épais coussinet végétal.

 

Dans la zone de la source elle-même, le courant est minime ; après env. 50 m, les mouvements d’eau commencent à s’accélérer. Dès ce moment, il s’agit juste de se laisser emporter. C’est ici que commence la zone avec de gigantesques plantations de potamot (Potamogeton illinoensis) à feuilles marron doré. Un jeu de couleurs aux lueurs incroyables dans le soleil de midi.

Autre régal de couleurs: les coussinets végétaux compacts de Nymphaea gardneriana. Ce nymphéa n’est pas connu dans l’aquariophilie; sa culture en aquarium est probablement très difficile.

 

Le contraste de leurs feuilles avec la grande jacinthe d’eau Pontederia parviflora est saisissant. Cette plante peuple davantage les berges, mais nous trouvons aussi des spécimens hauts de 2 m dans des eaux plus profondes. En beaucoup d’endroits, nous pouvons admirer des groupes de plantes vert foncé de l’algue Chara rusbyana. On pourrait aussi confondre cette algue verte avec un cornifle immergé miniature.

 

Après environ trois quarts d’heure, notre aventure sur le Rio Sucuri prend fin, alors que nous venons de parcourir plusieurs kilomètres, grâce à la vitesse du courant. Nous n’y avons vu que çà et là de petits groupes d’Heteranthera zosterifolia qui, la veille, nous avaient accompagnés en plantations gigantesques sur le Rio da Prata. Nous n’avons aperçu qu’en quelques endroits aussi Gymnocoronis spilanthoides, une plante d’aquarium connue de longue date.
Nous pouvons admirer aussi ici beaucoup d’espèces de poissons que nous avons déjà vus dans le fleuve d’argent. Mais la densité de population est nettement plus faible dans l’Anaconda. Quant au serpent qui a donné son nom au fleuve, nous ne le verrons (mal)heureusement pas.


En revanche, cette journée fantastique est couronnée par l’observation d’une vipère gérante. Elle mesure au moins 1,20 m de long et disparaît aussi vite dans les arbustes de la berge qu’elle n’y est apparue.

...